Les manchettes sur la rage, l’Ebola, l’hantavirus et l’influenza aviaire continuent de nous rappeler que les maladies de la faune n’affectent pas seulement les animaux sauvages, mais peuvent aussi toucher les personnes, nos animaux de compagnie et les animaux de la ferme. C’est pourquoi l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) vient de lancer une nouvelle Stratégie sur la santé de la faune (2026-2030) quinquennale. Cette stratégie présente une vision ambitieuse : une faune en bonne santé, des écosystèmes résilients et une planète plus sûre.
Fondée en 1924 en réponse à une épidémie dévastatrice de peste bovine, l’OMSA regroupe aujourd’hui plus de 180 pays qui élaborent ensemble des normes internationales pour la santé animale. Ces normes aident les pays à gérer les risques liés aux maladies et à soutenir le commerce sécuritaire des animaux et des produits d’origine animale. Le Canada est membre de l’OMSA depuis 1959.
Cette nouvelle stratégie s’appuie sur le Cadre de l’OMSA pour la santé de la faune (2021-2025) et vise à donner à l’OMSA, à ses Membres et aux réseaux de santé les moyens de mieux protéger la santé de la faune. Concrètement, la stratégie repose sur trois priorités :
- renforcer la gouvernance en matière de santé de la faune,
- améliorer la prise de décision grâce à la science et à l’analyse des risques, et
- mettre en place des systèmes intégrés et multisectoriels de surveillance de la santé de la faune.
Le Canada est déjà bien placé pour contribuer à cet effort. Depuis des décennies, le pays bâtit un système collaboratif de santé de la faune qui réunit les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, les partenaires autochtones, les universités, les organismes de réhabilitation de la faune ainsi que les organismes de santé publique et de conservation. Ce réseau reflète déjà bon nombre des priorités énoncées dans la nouvelle stratégie de l’OMSA, notamment une approche Une seule santé, une surveillance intégrée, une évaluation scientifique des risques et la collaboration intersectorielle. Le Canada possède également une vaste expérience dans la gestion des événements liés aux maladies fauniques, le partage d’information à l’échelle nationale et internationale, et la traduction de la science en décisions de gestion concrètes. À mesure que les pays s’emploient à mettre en œuvre la nouvelle stratégie, le Canada peut apporter non seulement son expertise technique, mais aussi des exemples concrets de la façon dont des systèmes collaboratifs de santé de la faune peuvent fonctionner à travers les juridictions et les disciplines.
Le Réseau canadien pour la santé de la faune (RCSF) constitue un élément important de ce réseau. En tant que point focal national pour la faune (En anglais et en espagnol seulement) du Canada, nous sommes le point de contact officiel avec l’OMSA pour les questions relatives à la faune. Dans ce rôle, nous coordonnons un réseau national d’experts en santé de la faune, nous signalons les événements liés aux maladies fauniques par l’entremise des systèmes internationaux de déclaration de l’OMSA, et nous contribuons à mettre l’expertise canadienne en lien avec les initiatives mondiales. Le RCSF détient également une distinction que peu d’organisations dans le monde peuvent revendiquer : elle est devenue, en 2007, le premier Centre collaborateur de l’OMSA consacré spécifiquement à la santé de la faune. Aujourd’hui, ce Centre collaborateur est exploité conjointement par le RCSF, le National Wildlife Health Center de l’USGS (en anglais seulement) et la Wildlife Conservation Society (en anglais seulement). Le RCSF assure également la présidence inaugurale du Groupe de coordination de l’OMSA pour la santé de la faune dans les Amériques, appuyant ainsi la définition des priorités régionales et la mise en œuvre des activités liées à la santé de la faune dans l’ensemble de la région. À mesure que l’OMSA met en œuvre sa nouvelle stratégie, la RCSF aidera le Canada à continuer de contribuer aux normes internationales, à la surveillance, au renforcement des capacités et à la collaboration scientifique.
Les défis liés à la santé de la faune ne cessent de s’accentuer, alimentés par les changements climatiques, la perte de biodiversité, l’évolution de l’utilisation des terres et l’intensification des interactions entre la faune, les personnes et les animaux domestiques. Aucun pays ne peut relever seul ces défis. La Stratégie sur la santé de la faune de l’OMSA offre une feuille de route commune pour la collaboration internationale. En continuant d’investir dans des partenariats solides, une surveillance fondée sur la science et le partage des connaissances entre les juridictions, le Canada et le RCSF peuvent contribuer à assurer des populations fauniques en meilleure santé, des écosystèmes plus résilients et un avenir plus sûr, tant pour les animaux que pour les personnes.
Écrit par : Damien Joly

