La saison des moustiques est de retour, tout comme le virus du Nil occidental (VNO). Chaque été, le virus refait surface dans certaines régions du Canada, circulant entre les moustiques et les oiseaux, avec parfois une transmission occasionnelle aux humains et à d’autres animaux1,2. Durant la progression de la saison estivale 2026 du virus du Nil occidental, le centre régional de l’Ontario/Nunavut du RCSF assure le suivi du virus chez les oiseaux sauvages et de ce que ces tendances de détection pourraient signifier pour la santé de la faune et des humains.

Le VNO est une maladie transmise par les moustiques, répandue à l’échelle mondiale et maintenue par des cycles de transmission moustique-oiseau-moustique2. Les corvidés, comme les corneilles, les corbeaux et les geais, ainsi que les buses, les hiboux et d’autres rapaces, sont très sensibles à l’infection par le VNO2,6. Ces oiseaux meurent souvent des suites de l’infection, ce qui en fait de précieux indicateurs de l’activité du virus. Les humains et les chevaux sont également sensibles au virus; toutefois, la majorité des personnes infectées ne développent jamais de symptômes, et les cas graves demeurent rares (environ 20 % des personnes infectées présentent des symptômes légers à modérés d’une maladie fébrile, et moins de 1 % peuvent présenter des complications touchant le système nerveux)1, 4. Bien que les piqûres de moustiques constituent la principale voie de transmission, l’infection peut aussi, rarement, survenir suite à une transfusion sanguine, à une greffe d’organe ou à l’allaitement5. Les températures élevées et les pluies du début de l’été créent des conditions favorables aux populations de moustiques. Le virus demeure donc préoccupant tant que l’activité des moustiques ne diminue pas (souvent après le premier gel important)5.

La surveillance de la faune, notamment l’analyse des oiseaux morts, constitue un indicateur précoce important de l’activité du virus du Nil occidental et des risques qu’il présente pour les humains et les animaux domestiques2. Le centre régional de l’Ontario/Nunavut du RCSF détecte la majorité des oiseaux infectés plus tard durant l’été. Cependant, au cours des dernières années, nos premières détections du VNO chez les oiseaux sauvages surviennent régulièrement en avril et en mai, probablement en raison de températures printanières plus chaudes qui favorisent l’émergence précoce des moustiques1. Jusqu’à présent en 2026, notre région a confirmé trois spécimens d’animaux sauvages porteurs du VNO en mai, douze en juin et vingt en juillet. Tous les cas confirmés impliquaient des corvidés, ce qui souligne l’importance de cette famille d’oiseaux pour la surveillance de l’activité du virus du Nil occidental.

Protégez-vous des piqûres de moustiques

Il est impossible de savoir, en le regardant, si un moustique est porteur du virus du Nil occidental. Voici donc quelques précautions qui peuvent aider à réduire votre risque :

  • Utilisez un insecticide contenant du DEET, de l’icaridine ou de l’IR3535.
  • Portez à l’extérieur des vêtements de couleur pâle et bien tissés, à manches et jambes longues.
  • Limitez vos activités extérieures à l’aube et au crépuscule, moments où les moustiques sont les plus actifs.
  • Éliminez les sources d’eau stagnante autour de votre domicile, y compris les gouttières bouchées, les jardinières ou tout autre contenant où les moustiques peuvent se reproduire3,4,6.

Pour en savoir plus sur le VNO et sa prévention, consultez le site du gouvernement de l’Ontario et le Agence de la santé publique du Canada.

La surveillance de la faune demeure un outil important pour suivre l’activité du VNO et protéger à la fois la santé de la faune et celle des humains2,6. Le public joue un rôle important en contribuant à la surveillance du VNO. Si vous trouvez un oiseau mort en Ontario, en particulier un corvidé, veuillez communiquer avec le CWHC par téléphone (sans frais) au 1-866-673-4781 ou en soumettant un signalement en ligne à https://cwhc.wildlifesubmissions.org/.

Rédigé par Kaitlyn Young et Fenn Woodstock

Références :

  1. Albrecht, L., & Kaufeld, K. A. (2023). Investigating the impact of environmental factors on West Nile virus human case prediction in Ontario, Canada. Frontiers in Public Health, 11, article 1100543. https://doi.org/10.3389/fpubh.2023.1100543
  2. Gould, C. V., Staples, J. E., Guagliardo, S. A. J., Martin, S. W., Lyons, S., Hills, S. L., Nett, R. J., & Petersen, L. R. (2025). West Nile Virus: A Review. JAMA : The Journal of the American Medical Association, 334(7), 618-628. https://doi.org/10.1001/jama.2025.8737
  3. Ministère de la Santé. (2023). Plan de préparation et de prévention à l’égard du virus du Nil occidental. Imprimeur de la Reine pour l’Ontario. https://files.ontario.ca/moh-ophs-ref-west-nile-virus_plan-2023-en.pdf
  4. NCCID. (2022). Le virus du Nil occidental. Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. https://nccid.ca/debrief/west-nile-virus/
  5. Todoric, D., et al. (2022). An overview of the National West Nile Virus Surveillance System in Canada: A One Health approach. Relevé des maladies transmissibles au Canada. 48(5). https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10262935/
  6. Organisation mondiale de la Santé. (2017). Virus du Nil occidental. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/west-nile-virus

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