Combien de temps faut-il à un champignon pour parcourir 3 210 km sur le dos d’une chauve-souris? Pour le champignon responsable du syndrome du museau blanc (SMB), le trajet entre Albany, dans l’État de New York, et Fort Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest1 a pris exactement deux décennies. Cela représente un rythme moyen de 160,5 km par année, soit environ 18 m à l’heure. Pour mettre les choses en perspective, c’est à peu près la vitesse à laquelle une étoile de mer se déplace sur un récif corallien.2 Bien que le champignon se propage relativement lentement, son effet sur les chauves-souris est rapide. Depuis l’arrivée de ce champignon en Amérique du Nord, le SMB a entraîné un déclin dévastateur des populations de chauves-souris.
Le Réseau canadien pour la santé de la faune surveille la propagation de ce champignon mortel pour les chauves-souris à travers le Canada. En plus de sa détection récente dans les Territoires du Nord-Ouest, de nouveaux signalements plus à l’ouest ont été rapportés près de la frontière entre l’Alberta et la Colombie-Britannique, marquant la poursuite de l’expansion de la maladie.
Récemment, le Centre régional de l’Ouest et du Nord a reçu une chauve-souris nordique soumise par le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. La chauve-souris a été trouvée morte dans une grotte au début du mois de mai et présentait les lésions visibles et microscopiques classiques associées au SMB. Les analyses de laboratoire ont confirmé l’infection par le champignon responsable du SMB.
Le champignon lui-même porte un nom étonnamment compliqué, qui ressemble davantage à une localisation What3words qu’au nom d’un agent pathogène. Le nom latin Pseudogymnoascus destructans se traduit grossièrement par « destructeur du faux sac nu ».3 En revanche, la maladie qu’il cause porte un nom simple et descriptif : le syndrome du museau blanc. Ce nom vient de la croissance fongique blanche caractéristique, particulièrement visible autour du museau. La peau autour du museau contient de nombreuses glandes volumineuses qui produisent une substance riche en graisses dont ce champignon se nourrit.4
Depuis la découverte du SMB en Amérique du Nord, on estime qu’il a tué plus de six millions de chauves-souris. Mais durant cette période, de nouveaux traitements, comme des vaccins et des probiotiques, ont aussi été mis au point pour réduire les effets de cette infection.5,6 À mesure que ces avancées continuent d’être testées et raffinées, on espère qu’elles se traduiront par une meilleure gestion de cette maladie chez les chauves-souris des Territoires du Nord-Ouest.
Rédigé par : Ursula Perdrizet
Révisé par : Trent Bollinger, Joanna Wilson
Références :
- Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. 2026. « White-Nose Syndrome and the Fungus That Causes White-Nose Syndrome in Bats Found in the Northwest Territories – What You Need to Know. » https://www.gov.nt.ca/en/newsroom/white-nose-syndrome-and-fungus-causes-white-nose-syndrome-bats-found-northwest-territories
- Great Barrier Reef Foundation. Crown-of-thorns starfish [Internet]. 2026. https://www.barrierreef.org/the-reef/threats/Crown-of-thorns-starfish
- GBA Group. 2026. “Mold Pseudogymnoascus pannorum.” January 7, 2026. https://www.gba-group.com/en/blog/environment/mold-pseudogymnoascus-pannorum/
- Meteyer CU, Dutheil JY, Keel MK, Boyles JG, Stukenbrock EH. 2022. Plant pathogens provide clues to the potential origin of bat white-nose syndrome Pseudogymnoascus destructans. Virulence 13:1020–1031. https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/21505594.2022.2082139#abstract
- Rocke, T.E., Kingstad-Bakke, B., Wüthrich, M. et al. 2019. Virally-vectored vaccine candidates against white-nose syndrome induce anti-fungal immune response in little brown bats (Myotis lucifugus). Sci Rep9, 6788 https://doi.org/10.1038/s41598-019-43210-w
- Insuk, C., A. Forsythe, N. Fontaine, et al. 2025. Probiotic Prophylaxis for White-Nose Syndrome: Testing Use of a Probiotic to Reduce Bat Mortality Caused by White-Nose Syndrome. Synthesis Report. Published by Thompson Rivers University, McMaster University, and Wildlife Conservation Society, Canada, Toronto, ON. 1-25. https://doi.org/10.19121/2025.Report.52408.

