Roselin familier, Crédit photo : Jordi Segers

À la fin décembre 2025, nous avons commencé à recevoir des signalements d’un centre de réhabilitation de la faune à Ottawa, en Ontario, concernant de nombreux oiseaux malades soupçonnés d’être atteints de mycoplasmose. Les oiseaux présentaient tous des yeux croûteux et enflammés, autrement dit des conjonctivites. Grâce à l’aide de ce réhabilitateur, nous avons pu recueillir plus d’une douzaine d’oiseaux afin de procéder à des d’analyses et confirmer par la suite la suspicion de mycoplasmose.

La mycoplasmose est causée par la bactérie Mycoplasma, le plus souvent Mycoplasma gallisepticum chez les oiseaux sauvages.1 Mycoplasma gallisepticum était initialement connue pour provoquer des infections respiratoires chez la volaille domestique et le gibier à plumes.1 Au cours des années 1990, une nouvelle souche de M. gallisepticum est apparue chez les passereaux sauvages, notamment chez les roselins familiers.1 Bien qu’initialement associée aux roselins familiers, cette condition est maintenant décrite chez plusieurs espèces de passereaux, incluant les roselins, les chardonnerets, les gros-becs errants et les durbecs des sapins.1

Le signe clinique le plus courant de la mycoplasmose chez les oiseaux sauvages est la présence de paupières rouges et enflées accompagnées d’un écoulement clair.2 Les infections plus graves peuvent aussi inclure la formation de croûtes, un gonflement important des yeux, et peuvent même entraîner la cécité.2 Dans certains cas, on observe un écoulement provenant des narines, rendant les plumes autour du bec humides et collées. Les oiseaux infectés peuvent également présenter une réduction de leurs déplacements et de leur alimentation, une perte de poids, et finalement mourir de faim, d’exposition aux éléments ou de prédation.2 L’épidémie initiale aux États-Unis a fortement touché la population de roselins, et la mycoplasmose continue de provoquer des déclins de population pouvant atteindre 40 % lors des flambées.2

La mycoplasmose se transmet par contact direct avec les sécrétions oculaires et nasales des oiseaux infectés. Heureusement, la bactérie ne survit pas longtemps hors de l’hôte.2 Cependant, les mangeoires et autres endroits où les oiseaux se rassemblent peuvent faciliter la transmission et constituer des foyers d’infection importants.2

Pour prévenir les épidémies, il est recommandé de nettoyer fréquemment les bains et mangeoires pour oiseaux, soit toute les une à deux semaines, en les faisant tremper dans une solution d’eau de Javel à 10 % (une part d’eau de Javel pour neuf parts d’eau froide), puis en les rinçant soigneusement et en les laissant sécher complètement à l’air libre.3 Il est important de porter des gants lors du nettoyage des mangeoires et de réserver ces gants ainsi que tout autre outil (comme des brosses) exclusivement à cet usage.3 Les mangeoires qui empêchent les oiseaux de se poser directement sur les graines sont recommandées ; les mangeoires à plateau ou à plateforme sont à éviter.3 Si les graines deviennent humides, elles doivent être jetées afin d’éviter la prolifération de moisissures. Il est également conseillé de nettoyer le sol sous les mangeoires en râtelant et en éliminant les graines tombées pour décourager la croissance bactérienne et la présence d’espèces nuisibles. Enfin, surveiller les oiseaux qui fréquentent vos postes d’alimentation afin de détecter tout signe de maladie.3

En plus de la mycoplasmose, d’autres maladies associées aux mangeoires, comme la salmonellose, peuvent rendre les oiseaux malades (voir : Les postes d’alimentation et santé des oiseaux – https://healthywildlife.ca/les-postes-dalimentation-et-sante-des-oiseaux/). Si vous observez des oiseaux avec des yeux croûteux, des plumes humides ou collées autour du bec, des plumes ébouriffées ou un comportement léthargique, il est possible qu’ils soient malades. Nous recommandons de retirer temporairement les mangeoires pendant au moins deux semaines afin de réduire les rassemblements et de limiter la transmission des maladies. Si la maladie persiste après la réintroduction des mangeoires, envisagez de les enlever jusqu’au début de la prochaine saison.3

Si vous trouvez des oiseaux qui fréquentent vos postes d’alimentations morts (ou tout animal sauvage mort) sur votre terrain, vous pouvez contribuer à la surveillance des maladies de la faune en contactant le RCSF au 1-866-673-4781 ou en soumettant vos observations en ligne à l’adresse https://cwhc.wildlifesubmissions.org/.

Par : Jenna Matsuba, Abby Irwin, & Kaitlyn Young

Références

  1. Heisman, R. (2017, January 11). House finch eye disease: Outbreak, then understanding. Cornell Lab of Ornithology. https://www.allaboutbirds.org/news/house-finch-eye-disease-outbreak-then-understanding/
  2. Canadian Wildlife Health Cooperative. (n.d.). Avian Mycoplasmosis fact sheet. file:///C:/Users/ccwhc/Downloads/Avian_Mycoplasmosis_Fact_Sheet%20(4).pdf
  3. Canadian Wildlife Health Cooperative. (n.d.). How you can Reduce the Spread of Diseases Among Backyard Birds. file:///C:/Users/ccwhc/Downloads/backyard_birds_printable2%20(1).pdf

Birds Canada. (n.d.). Keeping Feeder Birds Healthy. https://www.birdscanada.org/you-can-help/keeping-feeder-birds-healthy

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