Le 29 octobre 2025, un grand requin blanc mort récemment a été retrouvé sur les rives du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Une équipe du parc a alors été mobilisée afin de remorquer l’animal jusqu’au rivage et de le transporter à l’Atlantic Veterinary College (AVC), où une nécropsie devait être réalisée. Il s’agissait du quatrième grand requin blanc échoué dans un parc national des Maritimes au cours des trois dernières années. L’étude de ces mortalités est importante, car on en connaît encore très peu sur l’histoire naturelle de cette espèce dans la région.

Après un long remorquage jusqu’à la rive à l’aide d’un zodiac, suivi d’un trajet pour le moins divertissant jusqu’à l’AVC (l’incrédulité des autres automobilistes !), le requin a été examiné avec soin et respect afin de tenter de déterminer la cause de la mort. L’équipe de nécropsie, dirigée par les Dres Laura Bourque et Megan Jones, a constaté que le requin s’alimentait bien : son estomac contenait des restes de marsouin commun ainsi qu’un phoque gris entier. Aucune indication de collision avec une embarcation ni d’enchevêtrement dans des engins de pêche n’a été observée. Le cas fait toujours l’objet d’une investigation, et l’équipe espère en apprendre davantage au cours des prochains mois.

En 2021, le grand requin blanc a été inscrit comme espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril. La principale menace demeure la mortalité accidentelle liée aux activités de pêche. Les grands requins blancs se déplacent sur de vastes distances, et un seul individu peut parcourir l’ensemble de l’Atlantique nord-ouest au cours de sa vie. On ne connaît pas exactement le nombre de grands requins blancs présents dans les eaux atlantiques canadiennes, mais seulement environ 100 observations confirmées ont été rapportées le long de la côte atlantique du Canada depuis 1874, bien que ce nombre ait augmenté ces dernières années.

Fait intéressant, ce requin mâle de 13 pieds et pesant environ 2 000 livres avait déjà été capturé et marqué par des biologistes au Massachusetts, aux États-Unis. Bien qu’il soit triste de voir mourir un animal aussi majestueux, nous espérons que l’investigation sur la cause de la mort de cet animal permettra de mieux comprendre la façon dont les grands requins blancs vivent dans nos eaux.

L’entrevue réalisée par CBC le 12 novembre est accessible au lien suivant (en anglais seulement) : Great white shark’s death in P.E.I. waters being investigated | CBC.ca

Article initialement soumis au Pathology & Microbiology Newsletter, Atlantic Veterinary College. Numéro 73, décembre 2025

Rédigé par le Dr Dave McRuer en collaboration avec les Dres Laura Bourque et Megan Jones.

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